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The angel next door spoils me rotten : chapitre 13-volume 04

Préparatifs de la journée sportive et de nouveaux amis

Traducteur: linkfet
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« Aww, je suis dans l’équipe rouge ! » Se plaignit Chitose d’un ton lamentable en voyant l’annonce concernant la prochaine journée sportive.

                Itsuki avait déjà vu les résultats et savait qu’il avait été assigné à l’équipe blanche, ce qui faisait d’eux des adversaires pour une fois. « Tant qu’à nous diviser, ils auraient pu au moins nous mettre dans les équipes qui correspondent à nos noms… » Grogna-t-il.

                « De toute façon, vous auriez quand même été dans des équipes différentes. » Lui rappela Yuuta.

                Le nom de famille d’Itsuki était Akazawa, qui contenait le kanji signifiant ‘rouge’, et celui de Chitose était Shirakawa, qui contenait celui pour ‘blanc’. D’ailleurs, à l’école, on les appelait parfois ‘le couple rouge et blanc’.

                « C’est vrai… c’est vraiment tragique… un amour interdit, deux personnes attirées l’une par l’autre malgré leur opposition… »

                Ne prenant même pas la peine de cacher son exaspération devant ces deux-là qui transformaient encore une fois leur malheur en flirt, Amane regarda la feuille où étaient affichées les répartitions des élèves.

                Amane était dans l’équipe rouge avec Yuuta et Chitose, tandis qu’Itsuki et Mahiru avaient été placés dans l’équipe blanche. Bien que cela signifie qu’Amane serait avec la championne d’athlétisme, l’équipe adverse semblait regrouper davantage de membres des clubs sportifs de l’école.

                Amane ne se souciait pas particulièrement de gagner ou de perdre, mais il voulait tout de même donner une bonne impression à Mahiru.

                « Quelles épreuves tu veux faire, Amane ? » Demanda Itsuki après avoir fini de flirter avec Chitose.

                Lui et Chitose faisaient partie du comité d’organisation de la journée sportive de la classe. C’était typiquement le genre de chose à laquelle un gars populaire et plein d’énergie comme Itsuki s’inscrivait. Il était connu pour éviter de trop se donner dans quoi que ce soit, ce qui laissait Amane perplexe quant à son goût pour les rôles de responsable.

                « C’est quoi déjà les épreuves ? »

                « Il reste les courses, les relais, le parcours d’obstacles, la chasse au trésor, la course à trois jambes, le lancer de balles et le tir à la corde. J’imagine que le relais inter-classes n’intéresse pas beaucoup un membre du ‘go-home club’ comme toi. »

                « Je suppose que le lancer de balles, c’est bien. »

                « Évidemment que tu choisis la plus ennuyeuse… Bon, souviens-toi que tu dois faire au moins deux activités. »

                « D’accord, je prends le lancer de balles et la chasse au trésor. »

                Il ne voulait pas se ridiculiser devant Mahiru, et Amane avait le pressentiment que les relais et les courses seraient dominés par les membres des clubs sportifs.

                Itsuki, avec qui il faisait habituellement la course à trois jambes, était dans l’équipe adverse, et même s’il y avait Yuuta, Amane n’avait pas la confiance nécessaire pour penser qu’il pourrait suivre son rythme, vu sa force et sa rapidité.

                Il choisit donc les épreuves les plus faciles, ce qui fit sourire Itsuki d’un air amer.

                « Tu choisis vraiment les plus ennuyeuses, hein… ? Mais tu sais, selon les circonstances, la chasse au trésor peut être vraiment marrante. »

                « Eh bien, je ne cours pas beaucoup, alors… »

                « Tu changeras jamais ! »

                Amane voulait éviter toute compétition directe avec les clubs sportifs et se dit que participer aux épreuves destinées aux élèves des clubs culturels était l’option la plus sûre.

                « Le problème, c’est la bataille de cavaliers avec tous les gars… » Dit-il. « T’es dans l’équipe adverse, après tout. »

                Les seuls garçons de sa classe avec qui Amane s’entendait vraiment bien étaient Itsuki et Yuuta. Il se doutait que Yuuta accepterait peut-être de le laisser rejoindre son équipe par pitié, mais même ainsi, Amane sentait qu’il se retrouverait un peu isolé.

                Comme la plupart des garçons formaient leurs équipes avec leurs amis, Amane, qui se considérait comme quelqu’un de discret, n’était d’habitude pas très enthousiaste à propos de la journée sportive.

                « Ah, si c’est ça le problème, ça ira. »

                « Hein ? »

                « Yuuta, Kazu et Makoto ont dit qu’ils voulaient que tu les rejoignes. Tiens, en parlant du loup… »

                Amane suivit la direction du doigt d’Itsuki et vit trois garçons lui faire signe. C’étaient Kadowaki et deux autres garçons avec lesquels il parlait rarement.

                Il les connaissait pourtant de vue. Ils étaient de bons amis de Yuuta, et celui-ci les lui avait déjà présentés en souriant, en lui disant : « Maintenant qu’on traîne ensemble, j’aimerais que tu fasses connaissance avec mes potes. »

                L’un d’eux, celui qu’Itsuki avait appelé Kazu, était un garçon à l’air sérieux, membre du club d’athlétisme avec Yuuta, spécialisé dans les courses de fond. Son nom complet était Kazuya Hiiragi.

                L’autre garçon s’appelait Makoto Kokonoe. Il avait une carrure relativement petite et, d’après les filles, un tempérament un peu volage.

                Quand Yuuta ne passait pas du temps avec Amane et les autres, il traînait avec eux.

                « Hé, Fujimiya ! Viens ici. Formons une équipe pour la bataille de cavaliers ! » Au milieu du groupe, Yuuta l’appelait avec son sourire habituel et rayonnant.

                Amane hésita, mais Itsuki lui dit : « Allez, vas-y. » et le poussa dans le dos. Il trébucha jusqu’au groupe, et Yuuta l’accueillit avec un nouveau sourire.

                « Tu n’as pas encore d’équipe, pas vrai, Fujimiya ? » Demanda Yuuta. « Si tu veux, on aimerait que tu sois avec nous. »

                « Ça me va, mais les deux autres sont d’accord ? »

                « Pas de problème. » Répondit aussitôt Makoto. « Yuuta et Kazuya sont grands tous les deux, donc niveau taille, tu serais le meilleur ajout. »

                « Ah, je vois… »

                Makoto serait probablement celui qui monterait sur leurs épaules, alors il était logique qu’il cherche trois personnes de taille similaire.

                Amane était plutôt grand, pas très différent de Yuuta et Kazuya quand ils se mettaient côte à côte. Même s’il était plus maigre et manquait de robustesse et de résistance comparé aux deux autres.

                « Ça te va, Hiiragi ? » Demanda Yuuta.

                « Oui, c’est bien pour ça qu’on l’a appelé. Et aussi parce que je suis curieux de lui, vu que tu dis que vous êtes amis maintenant. »

                « T’inquiète pas. » Le rassura Yuuta. « Fujimiya est un bon gars. »

                Kazuya fixa Amane. « C’est vrai, ton jugement est toujours fiable, Yuuta. Je n’ai aucune réserve. Cela dit, comme c’est toi qui as proposé qu’il rejoigne l’équipe, je ne saurai vraiment ce que j’en pense qu’après avoir passé un peu de temps avec lui. »

                Amane esquissa un sourire amer face à cette remarque douteuse. Kazuya continuait de le scruter, ce qui le mettait un peu mal à l’aise. Cela dit, puisqu’il venait d’intégrer un nouveau groupe, il s’attendait à un certain degré d’observation.

                « Bon, bah, bienvenue parmi nous. » Dit finalement Hiiragi.

                Il semblait qu’Amane avait passé l’épreuve avec succès, du moins assez pour qu’on ne le rejette pas. Les autres garçons lui adressèrent des sourires tranquilles, et Amane répondit avec un léger sourire : « Ravi de rejoindre le groupe. »

***

« J’ai une question. » Dit Makoto. « Tu es proche de Shiina, Fujimiya ? »

                À la suggestion de Yuuta, l’équipe avait organisé une petite réunion dans un fast-food. En grignotant ses nuggets de poulet, Makoto posa cette question comme si elle venait juste de lui traverser l’esprit.

                Amane enfourna rapidement une bouchée de frites, espérant éviter de laisser paraître une expression embarrassée.

                Les quatre garçons étaient dans un fast-food parce que Yuuta voulait discuter des stratégies pour la bataille de cavaliers… mais sa véritable intention était surtout de renforcer leur amitié.

                Amane ne s’attendait pas à ce qu’un presque inconnu lui pose une telle question.

                Il jeta un coup d’œil à Yuuta, qui lui rendit un regard innocent, et Amane comprit que la question venait simplement des observations de Makoto.

                Ce qui signifiait qu’il allait devoir être très attentif à ne rien laisser transparaître sur son visage.

                « Qu’est-ce qui te fait penser ça ? » Demanda-t-il d’un ton sec.

                « Eh bien, vous êtes souvent tous les cinq ensemble, Yuuta compris, à discuter et à faire des trucs. Mais Shiina agit un peu différemment avec toi qu’avec Itsuki et Yuuta. »

                « Ah bon ? Je n’avais pas du tout remarqué. »

                Kazuya regarda Amane comme s’il ne s’attendait pas à cette réponse —les yeux grands ouverts de surprise pure. « Je ne pense pas que quelqu’un d’autre l’ait vraiment remarqué non plus. Les autres se contentent de vous observer, vous cinq, par simple jalousie. »

                « C’est un peu inquiétant à entendre… »

                « Vu ton air, je parie que j’ai raison. »

                Amane ne savait pas trop comment répondre aux questions de Makoto. L’expression de ce dernier était presque impassible. Amane jeta un autre regard vers Yuuta pour demander de l’aide, et Yuuta lui répondit d’un regard signifiant que ces garçons étaient dignes de confiance.

                Amane se gratta la joue en réfléchissant. Makoto semblait convaincu d’avoir raison, mais Amane ne voulait pas que ce genre d’idées commence à circuler.

                Cependant, Yuuta avait bon jugement, et la question de Makoto paraissait motivée par une simple curiosité plutôt qu’une intrusion indiscrète —il ne semblait pas avoir de mauvaises intentions.

                « … Eh bien, on peut dire qu’on est bons amis. »

                « Elle a l’air d’apprécier ton attention, donc j’imagine que c’est vrai. »

                « … C’est vraiment l’impression que ça donne ? »

                « À peu près, oui. »

                Les capacités d’observation de Makoto étaient vraiment effrayantes.

                Amane décida que, plutôt que d’essayer de détourner maladroitement la question, il valait mieux dire une part de vérité. Il serait sans doute plus crédible d’admettre leur amitié.

                « On habite simplement dans le même quartier, alors on a eu l’occasion de discuter et on est devenus proches, c’est tout. »

                « Et vous êtes amis depuis avant la deuxième année, non ? »

                « Eh bien… c’est pendant la deuxième année qu’on a commencé à traîner ensemble à l’école. »

                Naturellement, il ne pouvait pas leur dire que Mahiru était sa voisine d’à côté, et qu’elle venait chez lui tous les jours pour lui préparer ses repas. Même si sa réponse n’était pas tout à fait exacte, il décida qu’il suffisait d’y glisser un peu de vérité.

                Après qu’Amane eut répondu, Makoto se tourna vers Yuuta. « Et t’étais au courant ? »

                Yuuta hocha la tête, estimant sans doute qu’il n’était plus nécessaire de cacher la chose maintenant qu’Amane en avait parlé.

                Makoto soupira doucement. « Bon sang… Quels idiots nous sommes. »

                « Idiots ? » Demanda Amane.

                « Oh, je parle de moi… Yuuta, tu nous as caché ça, pas vrai ? »

                « En effet. » Répondit Yuuta. « Parce que je ne pouvais rien vous dire tant que Fujimiya ne l’avait pas fait lui-même. Mais je n’ai pas pensé une seconde que toi ou Kazuya répandriez des rumeurs. »

                « Bien sûr que non. » Confirma Kazuya. « Je ne vais pas m’amuser à faire quelque chose qui ferait que les gens me détestent. »

                « Cette franchise, Kazuya, c’est une vraie qualité. » Dit Yuuta en souriant.

                Kazuya pencha légèrement la tête, visiblement perplexe—il ne semblait pas comprendre pourquoi Yuuta le complimentait pour quelque chose d’aussi évident. Amane comprit alors qu’il n’avait pas à douter de ses bonnes intentions.

                Il avait bien conscience qu’il prenait un petit risque en partageant tout cela, mais il se sentait confiant d’ouvrir un peu la porte à des personnes aussi honnêtes.

                Amane fut réellement impressionné par Kazuya, connu pour être un garçon droit. Il était sérieux d’une manière très différente de Yuuta. Amane comprenait parfaitement pourquoi Kazuya faisait partie de ses meilleurs amis.

                Kazuya avait aussi un excellent instinct pour juger le caractère des gens. En tant qu’ami et compagnon, Amane doutait qu’il ait le moindre défaut notable.

                « En d’autres termes, il vaut mieux que je n’en parle à personne, c’est ça ? »

                « Eh bien, je ne te demande pas de mentir, mais ce serait sans doute mieux si tu pouvais simplement faire comme si tu ne savais rien. Cela dit, si quelqu’un posait des questions sur notre amitié, je pense qu’ils iraient plutôt voir Itsuki ou Yuuta que toi, Kazuya. »

                « Ouais, t’as pas tort. » Répondit Yuuta en riant doucement. La remarque de son ami rassura Amane.

                « Bref, si tu pouvais faire ça pour moi, je t’en serais vraiment reconnaissant. » Dit-il. « Je ne veux pas causer de problèmes à Mahiru. »

                Amane aurait préféré cacher complètement toute l’histoire, et il espérait que les autres garderaient le secret.

                « Je suis sûr qu’elle n’aimerait pas non plus que tous ses amis se mettent à lui poser des tas de questions. Alors je préfère que ça reste discret. Pour elle autant que pour moi. »

                Amane savait que si leur secret venait à être révélé, il deviendrait la cible de beaucoup de jalousie, et il s’y était préparé. Cependant, Mahiru, elle, devrait répondre à tout un tas de questions maladroites. La principale étant pourquoi lui ?

                Pour leurs camarades, Mahiru n’était pas seulement une élève douée… elle était presque une figure divine, l’objet qui attirait les regards de toute l’école. Il y aurait forcément beaucoup d’incompréhension et de critiques sur le fait qu’une fille aussi admirée fréquente un garçon aussi ordinaire.

                Même si leur curiosité pouvait sembler naturelle, cela mettrait probablement Mahiru mal à l’aise. Il se souvenait qu’elle avait déjà dit vouloir choisir librement ses relations. Et Amane était convaincu qu’elle se fâcherait s’il la mettait dans l’embarras.

                Comme il ne voulait rien faire qui puisse la contrarier, il avait essayé de garder leur amitié secrète aussi longtemps que possible.

                … Même si j’ai l’impression qu’elle, au contraire, voudrait qu’on le sache…

                Amane soupçonnait depuis quelque temps qu’elle essayait peu à peu de réduire la distance entre eux, mais il avait mis cela sur le compte de son imagination.

                « Ohh… Ahh… »

                « Qu’est-ce qu’il y a, Kokonoe ? »

                « … Laisse tomber, je viens juste de réaliser un truc. Ça doit pas être facile, mec. »

                Makoto regardait Amane avec un air déconcerté. Amane ne put que pencher la tête, perplexe.

                « Yuuta, est-ce que par hasard… ? » Demanda vaguement Makoto.

                « Exactement. » Acquiesça Yuuta.

                « Quoi donc ? » Demanda Kazuya à voix haute. « De quoi vous parlez ? »

                « Je pense que ça n’aurait aucun sens pour toi, Kazuya, t’en fais pas. » Insista Makoto.

                Kazuya ne sembla pas vexé que son ami l’écarte ainsi. Au contraire, il sourit. « Dans ce cas, j’imagine que je n’ai pas besoin de savoir. » Sa réaction montrait la profondeur de leur confiance et la solidité de leur amitié.

                Pour une raison inconnue, Yuuta et Makoto hochèrent la tête d’un air entendu. Amane se demanda à quoi ils pensaient, tout en continuant de picorer ses frites, l’air perplexe.

***

« Mahiru, quelles épreuves tu as choisies pour la journée sportive ? »

                Alors qu’elle rangeait les restes du dîner dans des boîtes en plastique au réfrigérateur et s’apprêtait à sortir de la glace du congélateur, Amane lui posa cette question.

                Un certain temps s’était écoulé depuis l’incident du baiser, et même si les choses entre Amane et Mahiru s’étaient plus ou moins calmées, la légère gêne entre eux ne s’était pas totalement dissipée.

                Quoi qu’ils fassent, ils restaient tous deux très conscients de ce qui s’était passé. Il y avait entre eux une distance qui n’existait pas auparavant. Ils s’asseyaient de nouveau côte à côte, mais en gardant assez d’espace pour ne pas se frôler par accident.

                L’atmosphère du dîner ce soir-là était aussi un peu tendue, bien que toujours cordiale. Même si leur relation n’était pas vraiment tendue, il était clair qu’ils étaient trop conscients l’un de l’autre.

                Après avoir tendu la cuillère à glace à Amane, elle leva les yeux en essayant de se souvenir.

                « Voyons voir… J’ai choisi le relais et la chasse au trésor. »

                « Ah, pareil. Mais au lieu du relais, j’ai demandé le lancer de balles. »

                Amane ne savait pas s’il obtiendrait les épreuves qu’il avait choisies, mais le lancer de balles n’était pas très populaire, alors il pensait que c’était probable.

                Il n’était pas sûr d’avoir la chasse au trésor, mais même s’il héritait de son troisième choix, le parcours d’obstacles, cela lui convenait.

                Cette épreuve requerrait plus d’équilibre et de souplesse que la force des jambes, donc même s’il n’était pas particulièrement rapide, il ne ferait probablement pas perdre son équipe.

                « Tu n’aimes vraiment pas le sport, hein ? »

                « Laisse ça aux pros. Je ne suis juste pas très doué pour ça. »

                « … Si je ne me trompe pas, tes notes en sport sont dans la moyenne, non ? »

                « Malheureusement, oui. »

                Amane imaginait qu’il aurait de meilleures notes en sport s’il était plus à l’aise physiquement, mais hélas, ce n’était pas son point fort. Il n’était pas assez mauvais pour en faire une faiblesse, mais simplement moyen, et cela lui convenait.

                L’idée d’exceller à la fois dans le sport et les études lui paraissait un rêve, contrairement à Yuuta et Mahiru, qui avaient à la fois le talent et le travail.

                « … Si tu voulais être honnête, tu dirais que tu détestes la journée sportive, pas vrai, Amane ? »

                « Disons que je ne déteste pas forcément faire de l’exercice, mais je déteste quand c’est obligatoire. J’aime m’exercer à mon rythme, tout seul. »

                En revenant s’asseoir sur le canapé du salon, Amane se rappela amèrement un marathon d’hiver qu’il avait dû courir autrefois. Ce n’était pas qu’il manquait d’endurance —il pouvait courir les distances imposées en cours de sport. Il trouvait simplement que les courses chronométrées n’étaient pas très intéressantes.

                Il préférait courir à son propre rythme, selon ses propres objectifs, alors il n’était pas étonnant qu’il n’aime pas les courses organisées.

                Mahiru sourit avec douceur en voyant Amane ôter le couvercle de la glace avec un air amer.

                « Je comprends tout à fait. » Dit-elle d’un ton compatissant. « Moi aussi, je n’aime pas faire quelque chose qu’on m’impose. »

                « Exactement. C’est pour ça que je vais juste faire le minimum pour aider. »

                Amane ne voulait pas paraître paresseux en ne faisant pas assez d’efforts, et il savait qu’il se sentirait coupable s’il ne faisait pas sa part. Il ne comptait pas se dépasser, mais il en ferait au moins assez pour montrer qu’il en était capable. Et s’il obtenait les épreuves qu’il avait demandées, il pensait qu’il n’aurait pas à se forcer.

                « Hé hé, dommage que je ne te voie pas te donner à fond. »

                « Compte sur moi, je te montrerai de quoi je suis capable pendant le lancer de balles… probablement. »

                « Probablement ? »

                « Bah, c’est une épreuve ennuyeuse, alors je ne risque pas de me faire remarquer. »

                Maintenant qu’ils étaient au lycée, Amane ne comprenait même pas pourquoi une épreuve aussi enfantine que le lancer de balles figurait encore au programme. Il devait bien y avoir des écoles où elle avait été supprimée, mais la leur la conservait malgré tout.

                C’était sans doute pour donner une chance à ceux qui n’étaient pas sportifs, mais malgré cela, Amane avait l’impression que personne ne se passionnait vraiment pour le lancer de balles.

                « Tu as une assez bonne visée quand tu lances quelque chose, Amane. Ton tir était précis quand tu jouais au basket l’autre jour en cours de sport, et je ne t’ai jamais vu rater quand tu lances un mouchoir ou autre chose dans la poubelle. Mais ça, c’est juste parce que tu es trop paresseux pour te lever… » Ajouta Mahiru avec une petite pique discrète.

                Amane ne put qu’afficher un sourire forcé.

                « Pardonne-moi d’être paresseux, mais au moins, je ne rate jamais la poubelle. »

                « Je suppose que ça va, puisque tu es chez toi. Mais je suis sérieuse, tu as vraiment une bonne visée. »

                « Disons que je suis pas mauvais pour lancer des trucs. Surtout les fléchettes. Ma mère m’y emmenait tout le temps. »

                La mère d’Amane l’avait traîné un peu partout, et il avait accumulé un tas de compétences inutiles —tournois d’air-soft, rafting, matchs de fléchettes, compétitions de bowling, et salles de jeux.

                Apparemment, elles allaient enfin lui servir, alors il se dit qu’il ne pouvait pas vraiment les qualifier d’inutiles.

                « Tu n’as pas l’impression d’avoir reçu une sorte d’éducation spéciale, Amane ? »

                « Peut-être, mais seulement dans le domaine des jeux. »

                « C’est impressionnant, d’une certaine manière, et Shihoko l’est aussi. »

                Le ton de Mahiru semblait plus admiratif qu’étonné, mais Amane, lui, qui avait été trimballé partout, n’était pas sûr de partager son avis.

                Mais il est vrai qu’il devait beaucoup à sa mère.

                Elle avait rempli ses journées d’expériences variées, et même pendant les années difficiles du collège, cela n’avait pas changé. Elle avait toujours pris du temps pour lui. Cela l’avait beaucoup aidé à surmonter sa déprime. Malgré tout, être traîné d’un endroit à l’autre avait été épuisant, et il ne l’avait pas toujours apprécié.

                « … Bon, cette épreuve est ce qu’elle est, et je doute qu’elle soit très passionnante à regarder. Je ferai juste ce qu’il faut. Mais ça va être plutôt ennuyeux… » Conclut-il avant de plonger sa cuillère dans la glace à moitié fondue et d’en prendre une bouchée.

                La glace au cacao richement parfumée était légèrement sucrée, une édition limitée fabriquée pour les supérettes par une célèbre marque de chocolat. C’était l’une des glaces les plus chères du marché, alors Amane voulait en savourer chaque morceau.

                « Tu détestes vraiment autant la journée sportive ? »

                « Non, c’est juste que je déteste passer une demi-journée dehors en tenue de sport maintenant qu’il commence à faire chaud. Même si on aura des tentes, j’imagine. »

                « Dit comme ça, je comprends ton point de vue. Mais tu ferais mieux de donner le meilleur de toi-même, d’accord ? »

                « Je ferai ce qu’il faut. »

                « Pff. »

                Mahiru fit la moue, mais son regard fut vite attiré par la cuillère, ou plutôt par la glace. Amane ne put s’empêcher de rire.

                Pensant qu’il aurait dû en acheter une deuxième rien que pour Mahiru, puisqu’elle aimait tant les sucreries, il leva la cuillère devant elle pour lui proposer d’y goûter. Ses yeux brillèrent d’enthousiasme.

                Elle est vraiment beaucoup plus facile à lire qu’avant, hein ?

                Riant doucement, Amane approcha la cuillère des lèvres de Mahiru, et elle la prit sans hésitation, comme un petit chat acceptant de la nourriture de la main de son maître.

                Ses yeux se fermèrent dans un sourire comblé.

                La glace était délicieuse. Il le devinait à son expression.

                Amane le pensait aussi, mais Mahiru avait le palais plus fin que la plupart des gens. Elle jugeait toujours très bien la qualité et la saveur d’un plat. Si elle disait que quelque chose semblait bon, c’était sûrement vrai.

                « … Elle est bonne, hein ? »

                « Tu peux le dire. »

                « Je veux dire, c’est évident rien qu’à l’emballage. Mais c’est encore meilleur que je ne le pensais. »

                « Ah oui ? Tiens. »

                Quand il lui en proposa une autre bouchée, elle l’accepta volontiers.

                Face à ce sourire assez chaleureux pour faire fondre la glace tout droit sortie du congélateur, Amane sentit son visage s’échauffer peu à peu.

                … Mince, je viens de la nourrir comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

                Il avait pourtant essayé de garder une certaine distance entre eux, et voilà qu’il faisait ça sans même y réfléchir.

                Il se dit qu’ils étaient tous les deux un peu responsables, puisque Mahiru lui avait montré une expression si sincère et sans retenue, malgré ce qui s’était passé entre eux dernièrement. Mais il ne se serait pas attendu à ce qu’elle soit heureuse d’être nourrie à la cuillère par un garçon.

                « … Mahiru, tu peux finir le reste. »

                « Hein ? »

                « Je vais me faire du café, alors c’est bon. C’est tout pour toi. »

                Amane poussa le pot de glace et la cuillère vers Mahiru, qui le regarda, confuse, puis il s’échappa vers la cuisine, où il enfila à toute vitesse un filtre et des grains de café dans la cafetière.

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source : traduction anglaise officielle par Yen Press

lien : https://yenpress.com

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